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Google : La stratégie secrète pour transformer l'humanité

PHONANDROID
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WEDNESDAY, OCTOBER 15, 2014 12:50 PM GMT

Lors d'une interview accordée au journal JDD, Laurent Alexandre, cerveau français ultra-diplômé, présent dans le secteur du séquençage de l'ADN et spécialiste du transhumanisme, explique ce que Google semble bâtir sous nos yeux. Le constat est à la fois fascinant et effrayant.

Les informations soulignées par Alexandre et le bilan que l'on peut faire aujourd'hui sur la société, associés au fait que ses dirigeants n'ont jamais voulu détailler leurs stratégie et objectifs, laissent la place à une hypothèse incroyable.

Les débuts de l'intelligence artificielle

Selon Alexandre, l'objectif de Google, quant à son moteur de recherche, est de transformer ce dernier en intelligence artificielle. À une échelle encore embryonnaire, ce spécialiste des questions des secteurs NBIC (les quatre axes scientifiques surplombant tous les autres, et par lequel l'homme espère lutter contre la mort) estime que Google commence à y arriver.

Le chirurgien diplômé de HEC, Science Po et l'ENA, fait le lien entre les différentes actions de Google ces dernières années. Selon lui, la quantité de start-ups que Google rachète, la création de Calico (la société réfléchissant aux maladies liées au vieillissement), la présence du géant dans le secteur du séquençage ADN et la robotique, avec le projet BigDog de Boston Dynamics, pour ne parler que d'eux, dessinent le projet de Google.

Par ailleurs, la société a recruté les plus grands noms de la question de l'intelligence artificielle, tels que le gourou du sujet, Ray Kurzweil, selon lequel les robots seront égaux aux humains d'ici 2029, qui est désormais ingénieur en chef du moteur de recherche.

Alexandre explique que Google maitrise toutes les technologies qui permettent le transhumanisme, ce courant de pensée par lequel tous les moyens sont bons pour améliorer l'homme physiquement, intellectuellement, et dans son espérance de vie. Ainsi, on s'aperçoit en effet que Google est présent dans la robotique, l'informatique, les moteurs de recherche, l'intelligence artificielle, les nanobiotechnologies et le séquençage d'ADN.

La machine omnisciente

Lorsqu'on lui demande qui contrôle Google aujourd'hui, Alexandre explique que seuls ses actionnaires ont le pouvoir. Il avance alors la nécessité d'encadrer l'intelligence artificielle au niveau mondial, soulignant que les États-Unis y réfléchissent déjà sérieusement, tout comme l'Asie, alors que l'Europe observe passivement la situation.

Sans émettre de jugement de valeur sur Google, et précisant même qu'à ses yeux il s'agit d'une « société magnifique », l'érudit souligne pourtant que si une telle entité devient le leader dans la lutte contre la mort, l'intelligence artificielle, la robotique, la domotique et les voitures intelligentes, il faudra alors réfléchir à la démanteler.

Dans une telle situation, selon Alexandre et comme cela avait déjà été dit de la société bien avant que l'on pense à ces perspectives, Google deviendrait plus puissant que des États.

L'auteur termine son interview en évoquant la loi de Moore, décrivant le rythme d'évolution de la puissance des ordinateurs. D'après cette loi, qui n'est qu'une supposition empirique, mais qui n'a pour le moment jamais été démentie, les ordinateurs ayant la puissance de calcul du cerveau humain sont pour 2040, et l'intelligence des machines nous dépassera d'ici la fin du siècle. La rencontre de cette puissance, de l'impression 3D et de la mise en réseau de cette intelligence en ferait une entité quasi omnisciente.

Connectons les points

Alexandre « se contente » ici de parler de la puissance de l'entité Google et de l'avènement de la machine pensante, ce qui est en soi une perspective incroyable et paradoxalement crédible. Mais d'autres spéculations sont autorisées.

Lorsque je fais le point sur tout ce que Google entreprend depuis quelques années, je vois autre chose se dessiner. Faisons le point.

Google a cartographié la planète, et se lance depuis quelque temps dans la cartographie de l'intérieur des bâtiments. La société a par ailleurs pour ambition manifeste de numériser toutes les productions humaines, avec notamment Google Books, mais nous pourrions aussi parler du fait qu'elle possède le site leader du stockage de vidéo avec YouTube.

L'idée de Chrome OS est de centraliser les données sur le cloud pour que nos contenus se trouvent « partout ». De plus, les investissements de la société dans des câbles haut débit sous-marins connectant les continents entre eux, le Projet Loon envoyant des ballons relayant internet dans la stratosphère et les drones solaires ayant la même ambition, affichent la volonté de Google de faire qu'internet soit accessible absolument partout sur Terre.

Ainsi, Google est en train de fabriquer une version numérique de notre planète et de ses contenus, avec l'ambition de les rendre accessibles depuis n'importe où.

La question de l'identité

Par ailleurs, certains d'entre nous réalisent déjà qu'ils passent une majeure partie de leur existence à interagir avec internet, par leur smartphone ou leur ordinateur, qu'il s'agisse de communiquer avec d'autres humains ou de consulter du contenu. La question de l'identité est ainsi en jeu.

Il ne s'agit pas ici de juger de la chose d'un point de vue moral, mais de constater le phénomène. Si la plupart de mes interactions avec le monde se font par internet, mon identité numérique n'est-elle pas une part importante de mon identité globale ?

Alors, me revient le fait que Ray Kurzweil, le futurologue dont nous parlions plus haut, a fait entre autres projections ces dernières années que l'être humain pourrait transférer son cerveau sur des disques durs avant 2030. Et d'un coup, les points semblent se connecter.

En produisant une réplique numérique de la planète et de ses ressources intellectuelles, en permettant à internet d'être disponible même dans les zones les plus reculées du monde, en investissant dans la robotique et en s'intéressant de prêt au vieillissement, le projet de Google ne serait-il pas de dématérialiser l'être-humain ?

La question de savoir si la chose serait bonne ou mauvaise est un gouffre d'interrogations philosophiques et métaphysiques, mais pour le pire ou pour le meilleur, et au regard de l'adhésion des dirigeants de Google au transhumanisme, le fait que l'objectif final de la société soit que l'humanité vive éternellement dans une réalité virtuelle mondialement connectée, est sans doute envisageable.

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